La Grèce, Une longue traversée parsemée de belles rencontres…

Nous entamons ce début mars avec la force de déplacer les montagnes grecques. Le soleil nous accompagne de ses rayons réchauffant nos cœurs. Les premiers kilomètres sur le territoire grec nous surprennent. En effet nous pédalons entre vallées et montagnes croisant de petits villages perdus, où peu d’âmes vivent, le silence et la quiétude règnent en ces montagnes. Un dernier col à franchir ( article 3 mars ) sonne la fin des Balkans, 50 jours durant nous avons zigzagé, franchis ses cols et sommets qui nous ont donné quelques fois du fil à retordre, nous obligeant parfois à pousser nos vélos, mais nous offrent en retour des paysages magnifiques diverses et variés. Les vallées de Slovénie, les sommets enneigés de Croatie, et sa côte escarpée, Les montagnes d’Albanie, finissant par les cols verdoyants de Grèce.

Nous voilà ainsi à Théssalonique, 2ème ville de Grèce, munis de notre carte approximative, dont nous approchons la limite. La suite se fera sans carte, jusqu’en Turquie. Après avoir pris une grande inspiration nous trouvons facilement le chemin de Kavala. Le début se passe sans problème, voyant que la traversée sera bientôt faite nous en profitons pour manger un morceau. C’est alors que nous fîmes la connaissance d’ un jeune grec voyageant en camion accompagné de son chien partant pour Amsterdam. La conversation tourne principalement autour du voyage. Après qu’il nous ai indiqué la meilleure route à prendre, nous le quittons et entamons la route de l’enfer !

Sous une chaleur écrasante et après s’être perdu 1 ou 2 fois, nous prenons la décision d’empreinter la rocade très fréquentée avec toujours la crainte de se faire arrêter par la police. Nous nous engouffrons dans cette route, étouffés par la chaleur et le stress de la situation, d’autant plus que cette route est digne d’un col à franchir, 6% de dénivelé sur plusieurs kilomètres. La situation s’accentue quand 2 molosses, mangeurs de croquettes décident de nous prendre en filature sur cette voie rapide. S’en est trop ! Nous décidons dans un calme absolu de passer nos vélos et remorques par dessus les balustrades de sécurité pour y retrouver une voie beaucoup plus calme et moins stressante.

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Nous voilà enfin sortis de cette ville qui nous a demandé beaucoup de sang froid à tout les deux. Nous trouvons un havre de paix quelques kilomètres plus loin, une magnifique église grec d’une toiture ocre et de murs d’un marbre blanc. Durant toute la traversée de la Grèce du nord, ses églises nous ont été précieuses, apportant calme, repos, ainsi que les commodités.

Dans ce pays qu’est la Grèce, nous avons pu constater les problèmes économiques, pénurie d’essence, maisons inachevées et il est difficile pour nous de trouver de la nourriture à un prix raisonnable.

Voici la dernière ligne droite avant Kavala, l’attente se fait de plus en plus dure … c’est parfois si difficile d’avoir un objectif, à la fois, si proche et si loin. Nos esprits se trouvent déjà sur l’île! Mais fort heureusement nous croisons le chemin de Jeremy et Claire, 2 français, eux aussi à vélo… Halleluia !! Nos premières rencontres avec des voyageurs à vélo.

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Nous faisons vite connaissance, comparant notre matériel et nos expériences. Nous passons la journée ensemble et nous apprenons qu’ils ont atterris à Théssalonique en avion où pendant quelques jours ils ont été bénévoles dans un centre de réfugiés syriens.

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Nos chemins se séparent en fin de journée mais se rejoignent le lendemain à Kavala dans un café où nous échangeons nos contacts respectifs et nous finissons par se dire que peut être, un jour, nos chemins se croiseront de nouveaux en Turquie, Iran ou encore au Kirghizstan…

Inch Allah!!

Nous voilà de nouveau tout les 2, attendant notre ferry de 20h45, en direction de Limnos, frémissants d’impatience de découvrir ce qui nous y attend .

En selle Marcel ! Claire et Jérémy sont 2 voyageurs Français rencontrés sur la route …

Dear reader, For the first time, we will try to write an article in english… as more and more non french speaking people will read (or not ?) the blog.

via Bilan du tour d’Europe 2016 et projets — En selle marcel !!!

Le 3 mars 2017 : « Fête National de Pedalsie »

Cette journée est à marquer d’une croix en or sur notre agenda. Les éléments qui vont suivre sont ce pourquoi nous sommes partis voyager à travers le monde, quittant nos familles, nos amis, et nos vies…

Elle commence à 1h40 du matin réveillés subitement par d’étranges bruits… je constate encore endormi que les protections des vélos se sont totalement enlevés … c’est inhabituel !

Je réveille Baptiste un peu brusquement, devant nous se trouvent deux Rangers Grecs, lampes à la main rodant autour du bivouac. Nous sortons sans traîner de nos duvets , essayant d’expliquer notre présence ici. Nous montrons nos passeports, une fois la situation clarifiée, ils nous informent que des ours sont dans cette vallée et bien évidement cela est dangereux d’être ici . Nous le savions et avions soigneusement rangé notre nourriture. Ils repartent aussi vite qu’ils sont venu, nous laissant terminer notre nuit.

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Comme chaque matin nous rangeons, plions nos affaires et mangeons un morceau, décidés à affronter cette journée qui s’annonce difficile. En effet une barrière de montagnes se dresse devant nous, impossible de contourner ! Nous commençons les premiers kilomètres de cette ascension difficile : pente de 10%. Pour être honnêtes nous traînions un peu la patte à l’idée de monter cette montagne, mais soudainement voilà qu’un pick-up s’arrête dans la montée. Nous rejoignions son propriétaire qui nous propose naturellement de nous monter la haut, un cadeau du ciel ! Mais alors que nous pensions monter à l’arrière, le voilà sortant 2 sangles nous accrochant l’un derrière l’autre . Nous n’avons même pas le temps de réaliser le surréalisme de la situation que nous filons à vive allure à plus de 35km/h, ne faisant qu’une bouchée de ce col de 12 km. Arrivés en un seul morceau au sommet, les bras crispés, le cœur battant la chamade, nous éclatons de rire tout les 3 et sautons dans un café pour fêter nôtre réussite.

Et voila que notre ami du jour, à peine apprenons nous à le connaître, lui et son refuge d’ours et de pélicans (belle coïncidence), qu’il nous annonce qu’il a une maison sur l’île de Lemnos et que nous pouvons aller y passer autant de jour que l’on souhaite. Nous voulions justement y aller, incroyable moment, nous n’en revenons pas ! Et voila qu’il nous explique comment allumer l’électricité, l’eau etc… nous expliquant que sa maison est la plus vielle de l’île « 1676 » et que cette île comporte des déserts, des grottes, des plages etc…

Difficile pour nous de vous décrire avec exactitude le sentiment éprouvé à ce moment. Dans un sérieux le plus total il nous donna ses clés, nous décri comment y aller, nous prenons une photo et nous tombons sur le cul!

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Nous avons la clé d’un paradis, et une descente de 19 km nous tend ses bras . Dans une extase la plus total nous descendons à vive allure dépassant même un voiture traînant la patte. Cette journée qui devait s’annoncer comme un calvaire, se passe comme une douce promenade au pays des rêves. Croisant notre ami de nouveau sur la route, nous indiquant la bonne direction, nous empruntons une route s’apparentant à une autoroute filant comme des chevaux en érections vers notre objectif. Croisant sur notre route un policier nous faisant la remarque que nous ne portons pas de casque. L’amende vous pend au nez nous dis d’y t-il mais il nous fit vite comprendre que c’est une blague… nous entamons une sympatrique discution sur notre aventure et que nous pouvions continuer sur cette route pour aller plus vite. Il finira par dire que l’on est fou comme beaucoup d’autres avant lui et nous poursuivront notre route, nous laissant glisser par la joie.

Des aboiements surgis ! voila qu’un molosse nous cours à près sortant les crocs, bien décidé à nous bouffer les mollets. Nous pédalons le plus vite que l’on peux, mais il est trop rapide ! Alors d’une intonation forte et agressive je lui hurle déçu. Miracle il se stoppa nette nous laissant reprendre notre chemin vers notre maison du soir, qui abritera nos rêves de la journée….

L’ivresse albanaise, entre lacs et montagnes

Après 2 jours de repos à El Basan, l’appel de la route est de nouveaux dans nos pédales. Nous repartons avec un regain d’énergie direction la Grèce. C’est une belle journée qui commence, le soleil est au rendez-vous et réussissons même de trouver une boîte de rustines gentillement offert par un commerçant. L’humeur est au beau fixe!

Nous entrons dans une vallée étroite entourée de montagnes verdoyantes où la tranquillité règne. Après 25 km parcourue, nous nous arrêtons devant une belle bâtisse en pierre afin de prendre quelques clichés. Un type nous interpelle en anglais, il nous demande d’où nous venons et où allons nous. Après quelques échanges le garçon nous invite à boire un verre dans la bâtisse. Nous constatons un intérieur tout de bois parsemé de vieux objets en décoration. Nous faisons la connaissance du patron du restaurant, c’est un homme d’une carrure et d’une orra forte. Le jeune homme nous explique que c’est le « boss » et que ce restaurant a été construit par ces propres mains, nous restons bouche bée par le travail fourni et la beauté que dégage le restaurant.

De conversations en conversations les verres de « Raki », alcool similaire à notre eau de vie, affluent sur la table d’une facilitée déconcertante accompagné de choux vinaigré et de fromage frais… délicieux! Mais nous qui pensions rester qu’un demi heure au plus et repartir par la suite devient plutôt une invitation de 4 heures. L’idée de repartir de repartir devient donc de plus en plus dur. Voyant notre incapacité à reprendre la route, nos hôtes nous proposent de rester dormir ici, nous ne tardons pas à accepter cette offre alléchante. Une séance de pêche dans la rivière et un passage au bar dans la ville d’à côté clôture cette journée arrosée!

Le lendemain est difficile, après avoir remercié nos hôtes, nous repartons vaseux avec la tête serrée comme dans un étaux. Et là commence une journée longue où nous avons l’impression de rouler à 2 km/h, la route est vallonnée et les chiens veulent nos mollets en guise de repas. La motivation dans les chaussettes nous arrivons au pieds d’un col de 6 km avec une pente de 10 %, cette fois-ci nous explosons. Nous montons ce col en poussant nos vélos. Après une heure et demi de labeur nous réussissons à atteindre le sommet, mais la joie est de courte durée, une tempête nous arrive en pleine face. Nous accourons pour redescendre le col, en contre-bas la tempête nous rattrape. Nous décidons alors de s’arrêter dans une station service qui semble abandonnée. Abrité sous le toit des pompes encore présente, un homme nous surprend dernière nous. Il nous sourit et nous fait comprendre que nous pouvons rester là, le temps de nous reposer. Nous en profitons pour casser la croûte, mais après 1h nous constatons que le tempête n’est pas prêt de s’arrêter. Nous demandons à l’homme si on peut rester dormir, ce soir, dans un coin de la station. Il nous indique que nous pouvons dormir chez lui. Nous découvrons une pièce avec deux lits, une table sur laquelle se trouve une télé cassé et un poëlle au centre. Au fur et à mesure que les heures passent, nous faisons connaissance avec cette homme. Entre nous les langues ne servent à rien. Alors les échanges se font par les mimes, les gestes, les objets à disposition et 2-3 mots d’italien. Nous constatons que nous sommes en tout points si différents mais en même temps si proche. Des sourires, des éclats de rire, des explications parfois qui tombe à l’eau… voilà l’écoulement de cette après-midi et de cette soirée. Arrivé au couché, ils nous prépare un 3ème lits avec couettes et oreillés improvisés. Un vrai papa poule! Nous nous endormons avec le cœur chaud.

Arrivé au matin, le ciel complètement dégagé,nous repartons en direction de la frontière grec comme objectif. Nous découvrons une région magnifique de lacs bordés de belles montagnes enneigés. Dans une montée nous faisons la connaissance de 3 français venu, en vacance, ce ressourcer dans leurs pays natales. Nous discutons de notre projet, échangeons quelques présents et photos… et c’est repartis. Après une traversée de paysages extraordinaire nous arrivons à la frontière grec avec un sentiment de regret de quitter ce beau pays mais mêlé d’un sentiment de conquête d’un nouvelle horizon !