L’ivresse albanaise, entre lacs et montagnes

Après 2 jours de repos à El Basan, l’appel de la route est de nouveaux dans nos pédales. Nous repartons avec un regain d’énergie direction la Grèce. C’est une belle journée qui commence, le soleil est au rendez-vous et réussissons même de trouver une boîte de rustines gentillement offert par un commerçant. L’humeur est au beau fixe!

Nous entrons dans une vallée étroite entourée de montagnes verdoyantes où la tranquillité règne. Après 25 km parcourue, nous nous arrêtons devant une belle bâtisse en pierre afin de prendre quelques clichés. Un type nous interpelle en anglais, il nous demande d’où nous venons et où allons nous. Après quelques échanges le garçon nous invite à boire un verre dans la bâtisse. Nous constatons un intérieur tout de bois parsemé de vieux objets en décoration. Nous faisons la connaissance du patron du restaurant, c’est un homme d’une carrure et d’une orra forte. Le jeune homme nous explique que c’est le « boss » et que ce restaurant a été construit par ces propres mains, nous restons bouche bée par le travail fourni et la beauté que dégage le restaurant.

De conversations en conversations les verres de « Raki », alcool similaire à notre eau de vie, affluent sur la table d’une facilitée déconcertante accompagné de choux vinaigré et de fromage frais… délicieux! Mais nous qui pensions rester qu’un demi heure au plus et repartir par la suite devient plutôt une invitation de 4 heures. L’idée de repartir de repartir devient donc de plus en plus dur. Voyant notre incapacité à reprendre la route, nos hôtes nous proposent de rester dormir ici, nous ne tardons pas à accepter cette offre alléchante. Une séance de pêche dans la rivière et un passage au bar dans la ville d’à côté clôture cette journée arrosée!

Le lendemain est difficile, après avoir remercié nos hôtes, nous repartons vaseux avec la tête serrée comme dans un étaux. Et là commence une journée longue où nous avons l’impression de rouler à 2 km/h, la route est vallonnée et les chiens veulent nos mollets en guise de repas. La motivation dans les chaussettes nous arrivons au pieds d’un col de 6 km avec une pente de 10 %, cette fois-ci nous explosons. Nous montons ce col en poussant nos vélos. Après une heure et demi de labeur nous réussissons à atteindre le sommet, mais la joie est de courte durée, une tempête nous arrive en pleine face. Nous accourons pour redescendre le col, en contre-bas la tempête nous rattrape. Nous décidons alors de s’arrêter dans une station service qui semble abandonnée. Abrité sous le toit des pompes encore présente, un homme nous surprend dernière nous. Il nous sourit et nous fait comprendre que nous pouvons rester là, le temps de nous reposer. Nous en profitons pour casser la croûte, mais après 1h nous constatons que le tempête n’est pas prêt de s’arrêter. Nous demandons à l’homme si on peut rester dormir, ce soir, dans un coin de la station. Il nous indique que nous pouvons dormir chez lui. Nous découvrons une pièce avec deux lits, une table sur laquelle se trouve une télé cassé et un poëlle au centre. Au fur et à mesure que les heures passent, nous faisons connaissance avec cette homme. Entre nous les langues ne servent à rien. Alors les échanges se font par les mimes, les gestes, les objets à disposition et 2-3 mots d’italien. Nous constatons que nous sommes en tout points si différents mais en même temps si proche. Des sourires, des éclats de rire, des explications parfois qui tombe à l’eau… voilà l’écoulement de cette après-midi et de cette soirée. Arrivé au couché, ils nous prépare un 3ème lits avec couettes et oreillés improvisés. Un vrai papa poule! Nous nous endormons avec le cœur chaud.

Arrivé au matin, le ciel complètement dégagé,nous repartons en direction de la frontière grec comme objectif. Nous découvrons une région magnifique de lacs bordés de belles montagnes enneigés. Dans une montée nous faisons la connaissance de 3 français venu, en vacance, ce ressourcer dans leurs pays natales. Nous discutons de notre projet, échangeons quelques présents et photos… et c’est repartis. Après une traversée de paysages extraordinaire nous arrivons à la frontière grec avec un sentiment de regret de quitter ce beau pays mais mêlé d’un sentiment de conquête d’un nouvelle horizon !

56 jours, 2583 km , Une Albanie surprenante !

Après avoir attendu une demi heure à la frontière pour des formalités administratives, nous entrons dans ce 6 ème pays, l’Albanie. Nos premiers coup de pédales nous amène dans un petit village frontalier, le changement est radicale, mosquées diffusant l’appel à la prière, vielles Mercedes, maisons rafistolées surmontées par de grosses citernes d’eau, et des habitants très dynamique dans la vie du village. Au cour d’une pause pain-chocolat, un classique ! nous sommes rapidement un sujet de curiosité et comme un cadeau de bienvenue, un boulanger Vien nous offrir de son plein grès 5 pains, que acceptons avec grand plaisir. Nous abordons ce pays avec le sourire, enthousiaste à l’idée de découvrir cette culture si différente de chez nous mais pourtant nous sommes toujours en Europe !

Cette première journée fut étourdissante pour nous, mais tellement passionnante, enchainant rencontres sur rencontres attirant des Albanais curieux et content de voir des voyageurs dans leur pays. Nous expliquons notre périple, nous montrons notre système de fixation de remorque. Un poissonnier va même nous donner une leçon pour changer un pneu crevé de la meilleur des façons !

Nous observons, nous partageons et nous repartons direction Tirane, capitale de l’Albanie, rebousté par cette euphorie générale, zigzagant entre les vielles « merco », les animaux en tous genres, des odeurs de kérosène, des véhicules surprenant et bien d’autres ….

Notre 2 ème jour en Albanie fut très difficile moralement et physiquement, accompagné par une pluie battante toute au long de cette journée. Nous traversons la capitale dépourvu de panneaux, ce qui a rendu la tâche difficile pour nous repérer. Après avoir été aidé par un jeune albanais qui nous accompagna jusqu’à la sortie de la capitale, l’ heure est venu pour nous de trouver un abris pour la nuit afin de nous sécher et de dormir au sec. Epuisé et a bout de force, nous roulons sous la pluie pour trouver un abris… après plusieurs échecs, nous voyons au loin au potentiel d’une maison abandonnée au milieu d’un chantier de construction d’une autoroute. Nous tentons notre chance et mettons nos dernières énergies pour rejoindre cette habitation, qui une fois arrivé se trouvait habitée. A ce moment c’est avec une grande déception et couvert de boue que nous sommes rejoins par des enfants qui nous aides a pousser nos vélos dans ce chemin sableux, boueux, qui embourbe nos vélos.

Nous ne savons plus où aller, n’arrivons plus à prendre de décisions  raisonnés…. 2 Albanais sortant de nulle part nous rejoignes en voyant notre détresse et essayent de nous aider. Nous donnons dans cette conversation gestuel nos dernières forces. Ils nous proposent de nous installer un peu plus loin pour mettre notre tente. Sans d’autres options nous acceptons et mettons notre tente au beau milieu de cette autoroute en construction , exténués , nous sautons dans nos duvet après avoir fais 2 sandwich dans l’espoir de nous reposer mais c’était sans compté sur notre ami albanais qui fit tourner un groupe électrogène toute la nuit qui nous empêcha de dormir. Quel horreur !

Épuisés par cette véritable épreuve nous décidons avec l’esprit plus reposer de trouver un hôtel à Elbasan pour 2 jours afin de nous laver, reposer, publier nos photos et repartir avec une motivation a son maximum, direction la Grèce !