Découvrir le monde… se fait aussi en camion

Depuis Erzurum en Turquie, nous avons fait une parenthèse sur notre moyen de transport, qui est bien sûr le vélo, pour un autre moyen… Le camion. Et nous allons vous expliquer le pourquoi du comment !

En effet après notre départ d’Erzurum, un camion bleu d’EDF, immatriculé 31, s’arrête devant nous sur le bord de la route. A l’intérieur se trouvent Dorian et Olivier, deux français dont l’un vient de Gex. Leurs voyage a démarré le 21 mars dernier de France avec l’objectif de rejoindre le nord de la Sibérie en passant par l’Asie central et la Mongolie.

Après cette rencontre surprenante, nous décidons de bivouaquer ensemble le soir, alors nous chargeons nos vélos à l’arrière pour trouver l’endroit parfait à cette rencontre. Le lendemain, le refus de notre demande de visa azerbaïdjanais à Kars (Turquie) nous met dans une situation très délicate : notre plan était de prendre un voilier en Iran, sur la mer Caspienne, direction le Kazakhstan afin d’éviter le Turkménistan avec son visa transit de 5 jours, qui en vélo, est très compliqué à traverser. Du coup notre plan de secours était d’aller en Azerbaïdjan et de prendre le ferry pour le Kazakhstan mais cette mauvaise nouvelle a remis tout notre plan en question… C’est-à-dire partir pour Téhéran et ses 18 millions d’habitants, afin de prendre le visa azerbaïdjanais et repartir pour prendre le bateau à Bakou. A vrai dire cette idée ne nous enchantait vraiment pas…

C’est alors que nos chers nouveaux amis nous proposent, très aimablement, de les accompagner en Iran pour passer ensuite au Turkménistan et arriver au Kazakhstan. Après une longue réflexion nous acceptons la proposition. Ainsi, nous qui sommes en retard sur notre planning, nous pourrions reprendre le temps perdu pour arriver en été en Mongolie. L’autre avantage est d’avancer grâce à un autre moyen de transport, et donc d’entrevoir d’autres perspectives et assouvir notre soif de découverte.

Cela fait donc 1 mois que nous naviguons en camion avec Dorian et Olivier : grâce à eux nous avons pu découvrir des endroits magnifiques qu’en vélo il aurait été très difficile de voir. Merci à vous les gars !

Maintenant nous espérons plus que la confirmation de l’obtention du visa Turkmène, que nous aurons dans quelques jours, pour continuer l’aventure.

Bienvenue en terre d’accueil !

L’Iran. Ce grand pays qui bien des siècles auparavant fût un très grand empire traversé par la mythique route de la soie, allant d’Istanbul à Xian avec pour nom… L’empire Perse.

Bien des choses nous ont été dîtes sur ce pays. Nous avons entendu comme beaucoup de personnes que l’Iran était habité par des fanatiques et des terroristes qui faisaient la guerre au nom d’Allah. La télévision occidentale nous renvoie cette vision d’un pays diabolique où on nous interdit presque de le visiter sous peine de mort. Mais voilà fort heureusement notre détermination et notre envie de le découvrir sous toutes ses coutures, plus fortes que toutes ces pensées négatives…

Après 3 semaines à parcourir cette contrée du monde, nous pouvons déjà établir un bilan, qui est de très loin positif. Le peuple iranien est tout simplement incroyable. A peine arrivés, nous avons déjà eu le droit à de grands signes amicaux et aux «  Welcome to Iran ! ». Ils ont su garder l’hospitalité que réservaient les peuples au passage d’étrangers voyageant dans un nouveau pays. Partout où nous sommes passés, les bras se sont ouverts à notre égard. Parfois c’était une orange offert gracieusement sur l’autoroute à 70 km/h, d’autres fois c’était le toit et le couvert partageant un fragment de leurs quotidiens et de leur culture. En si peu de temps nous avons partagé la vie de trois familles toutes différentes les unes des autres socialement. Nous avons aperçu la vie d’une famille de bergers dans un petit village construit de pierre et de terre cuite au bord d’un lac salé, ayant peu de choses mais nous donnant tant en retour. Deux autres familles, très aisées de banquier et d’avocat ont croisé notre chemin à Téhéran et nous ont offert le gîte, le couvert ainsi qu’une aide inestimable pour résoudre un des problèmes les plus épineux que nous avons rencontré. En passant aussi par cette électricien qui nous offrit, pendant une nuit, les clés de sa villa en fin de construction.

Les paysages aussi sont à couper le souffle… Il y a tant de diversité dans ce pays alors que nous n’avons parcourut que la partie nord, allant de l’ouest vers l’est. Nous avons eu la chance de voir de magnifiques endroits : comme le lac salé d’Orumiyeh au nord-ouest qui est en voie de dessèchement où nous avons eu le bonheur de rouler en vélo ainsi qu’en moto. Les montagnes sont très présentes en Iran, montant jusqu’à 5 600 mètres d’altitude : nous nous en sommes offert plusieurs, dont l’une d’elle qui culmine à 4 000 mètres. Et bien entendu nous avons eu le privilège de parcourir un bout d’un désert de cailloux et de sable, le Dasht e Kavir, immenses plaines entre-coupées de montagnes arides plus belles les unes que les autres.

Vous l’avez donc sûrement compris : nous sommes tombés amoureux de ce pays qui donne tant sans rien demander en retour. L’Iran, pour l’instant, est notre coup de cœur.

Nous espérons que ce pays sera mis de plus en plus en valeur car il le mérite amplement !!